Une vraie-fausse conclusion

5 septembre 2008

Conclure sur un voyage, sur une expérience humaine, quelle qu’elle soit d’ailleurs, c’est tenter d’utiliser le language pour clore un espace de découverte, pour refermer une page et y apposer des impressions définitives. Par définition, ça me paraît donc être absurde.

Toutefois, tout au long du voyage, des choses se sont imposées à mon esprit, réflexions, remarques, impressions, que je n’ai pas toujours exprimées dans le feu de l’instant car celui-ci m’entraînait plus vers le factuel que vers l’analyse. Le blog est après tout un journal, et si vous lisez les journaux actuellement, vous verrez bien de quoi je veux parler.. Pris dans le rush, on se contente de relater, laissant l’analyse aux hebdos ou aux mensuels. Un mois de blog, je suis donc prêt pour la page mensuelle, ma page débats. Prêt à dire plein de choses et à dire pas grand chose, car en fait je ne sais pas trop.

Ce fût une expérience évidemment assez hallucinante. Prenons tout d’abord ce que j’ai vu, au sens des villes, des paysages, du soleil : je pense avoir été assez rarement dépaysé… Certains, comme mon co-voyageur du début, l’ont vécu comme une déception, j’ai plutôt abordé cela de manière neutre. Ne sachant pas trop à quoi m’attendre, j’ai donc été assez étonné de voir à quel point certaines choses étaient similaires. Les villes, notamment. L’uniformisation entraînée par la globalisation frappe en premier lieu aux portes des métropoles, car celles-ci sont les lieux de rencontres, d’affaires, de pénétration primaire de l’étranger. Les villes d’Europe, globalement, se ressemblent. Cette sentence un peu lapidaire me paraît assez vraie. Que l’on soit sur Istiklal (Istanbul), sur l’avenue principale de Belgrade, de Brasov, de Zagreb, de Prague ou de Bratislava, partout l’on trouve les mêmes rues commerçantes, les mêmes bars lounge, les mêmes parasols Coca-Cola. Après, les choses dites historiques évoluent d’une place à l’autre. On ne peut pas affirmer que les immeubles soient les mêmes à Zagreb et à Prague, on ne peut pas dire que les églises de Brasov ressemblent aux mosquées de Sarajev, c’est une évidence. Il y a donc quelques différences, et entendre le muezzin dans une ville plusieurs fois par jour est toujours un peu déroutant les premières fois, exotique comme l’on pourrait dire, étranger au sens premier du mot. Je pense toutefois que les points communs l’emportent d’une certaine manière, et certifient une chose : lorsque l’on observe les villes d’Europe, on peut parler d’Europe, car il y a une identité, une communauté, évidente.

Lorsque l’on touche aux campagnes, désormais, les choses commencent déjà à se bousculer. La misère de la population observable dans certains coins de Bulgarie ou de Bosnie, l’incroyable abondance de la population gipsy en Roumanie et ses difficultés apparentes à survivre en bons termes avec le reste de la population roumaine, les différences effectives d’architectures entre la maison bosniaque (sorte de rectangle de brique rouge épaisses) et celle turque (toit de type méditerranéen, etc..) fait ressentir une certaine latitude… due autant au climat qu’aux cultures, probablement. Au fond, si l’on veut réfléchir à la campagne bulgare, il vaut mieux le faire à partir de ce que l’on connaît le mieux : la sienne. Et la, il y a pour moi un fossé : d’un côté, une campagne et une nature domestiquée, des champs travaillés à perte de vue, la mécanisation poussée à l’extrême, une nature plus vraiment naturelle, et des populations somme toute assez riches. De l’autre, la nature sauvage, l’utilisation toujours présente de chevaux ou de bêtes de trait, etc…

La ville est riche en Europe, les campagnes sont une bien meilleure source d’inspiration pour l’observation des différences. De Brasov (pourtant déjà 250 000 habitants) à Bucarest, certains prix doublent.

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On peut ensuite parler des paysages, et il n’y aurait pas grand chose à dire : à part la Turquie et le sud-Croatie, l’Europe présente des similitudes assez importantes. Pour les deux premiers cas cités, je pense qu’un habitant du sud de l’Espagne ou de la Turquie ne trouverait pas grand dépaysement à se trouver dans ces endroits. Dans l’ensemble, en tout cas, c’était beau, mentions spéciales à l’Autriche, à la Bosnie et à la Roumanie, vallonnées, montagneuses parfois, vertes, extrêmement jolies.

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Les rencontres sont peut-être l’un des points les plus intéressants : au cours d’un petit mois de voyage, l’on croise chaque jour de nouvelles personnes avec qui l’on sympathique, venant des quatre coins du monde… L’occasion d’apprendre de milliers de choses, l’occasion de voir à la discussion les sentiments turcs à l’égard des Arméniens, les rancoeurs, la douleur incroyable présente dans le coeur des Serbes, Croates et Bosniaques, etc.. Choses extrêmement intéressantes, qui peut-être participent le plus à l’auto-mythification du voyage. On rencontre quelqu’un un soir, on sympathise avec lui, et deux ou trois heures après, on se souhaite bonne route, quasiment bonne vie, la discussion d’avant prend alors des tournants différents de celles que l’on peut tenir d’habitude. En quelques heures, on a envie de tout donner, d’oser dire ce que l’on pense de tout et de rien… Pour info, durant tout le voyage, voici (en ce que je me souviens) les différents pays « rencontrés »: USA, Chine, Argentine, Nouvelle Zélande, Australie, Egypte, Turc, Slovaque, Israël, Français, GB, Ecosse, Irlande, Serbie, Pologne, Allemagne, Italie, Espagne, Belgique, Suisse, Suède, Croatie, Bosnie… Voilà. Pour ce que je me souviens. Parmi les discussions assez exceptionnelles, je retiendrai celle avec l’Egyptien sur sa situation en Egypte du fait de sa religion (chrétienne), celle avec l’Israëlien sur ses moyens de se prémunir de toute agression de type antisémite (un couteau toujours sur lui) et sur son rapport au voyage, celle avec Tahla, mon ami turc du voyage retour, sur son nationalisme turc, et son amour parallèle pour la Hollande, son libéralisme de moeurs (il connaissait toutes les bonnes adresses du Red Light District) et sa connaissance quasi encyclopédique du Coran (tout autant que sa pratique, évoluée)… Il y eut aussi la discussion exceptionnelle avec Ivana, jeune danseuse slovaque qui effectuait tous les jours l’aller retour Prague Bratislava pour mener sa vie rêvée de danseuse… Il y eut encore la discussion avec Peter, néo-zélandais de 36 ans que j’ai rencontré entre Istanbul et Sofia et qui voyageait pour la première fois ! Il n’avait jamais même été en Australie. Je pourrais parler de cela des heures… Les rencontres étaient hallucinantes, troublantes parfois. Toujours (ou presque) enrichissantes.

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Je ne peux pas parler de ce voyage sans parler du train. Je me souviens des mots de Farzad, quelques mois avant mon départ, qui m’avaient marqués : « Guillaume, t’as lu Dracula ? Non parce que dedans il t’explique que plus tu vas vers l’est, plus les trains ralentissent… Tu verras c’est vrai ». Paris – Lyon, 1h30 (?). Bucarest – Istanbul 20h . Si je ne me trompe pas, c’est peu ou prou la même distance. Et dans ces trains, véritables lieux de vie, il y a des choses exceptionnelles qui se passent. Depuis quelques temps déjà, je sentais que j’aimais de moins en moins les trains types TGV. Cela c’est confirmé pendant le voyage : les ICE, tgv allemands, sont ennuyeux à mourir : ils favorisent le voyage rapide mais rendent impossible ou presque l’engagement de discussions… ce sont des trains de solitaires. Les trains de l’est, de type corail mais en 200x plus lent, favorisent bien plus l’aspect communautaire. La cigarette y est encore tolérée, les fenêtres sont ouvrables (le sentiment de liberté, lorsque le train roule à vive allure devant un paysage de coucher de soleil, est quelque chose de jouissif), les compartiments sont de 6, on discute puisque l’on doit vivre en commun… C’est génial, tout simplement. Et pour tout dire, le train ne m’a seulement saoulé que deux fois pendant le voyage : à l’arrivée à Istanbul, à cause d’un retard de 4 heures, et le dernier jour, entre Vienne et Paris, parce que l’ICE me gavait… Pour le reste… que du bonheur.

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Peut-être que je rajouterais des mots un autre soir… fatigue là. :)

Arrive Derci

2 septembre 2008

Istanbul, le Bosphore, le çay et les turkish delights sont loin : me voici à Paris.

Ma derniere à journée à Istanbul s’est partagée entre ballade dans Istiklal et ses quelques librairies, un thé et une discussion avec un belge, un israëlien et un égyptien dans le Chillout Hostel, puis la revoyure de Leslie, Jeanne, Jennifer puis Nesrin, pour un dernier petit çay et une dernière bonne bouffe turque. J’ai ensuite packé mes affaires, puis me suis dirigé vers la gare, esquivant au passage (l’expérience vient vite) un cireur de chaussures au prix de sauts de cabri assez amusants. Posé dans la gare, j’ai commencé la lecture des Chroniques de San Francisco d’Armistead Maupi, car, oui, j’ai abandonné Kerouac (trop dur pour mon anglais encore un peu hésitant), sur fond de feu d’artifice de la fête nationale turque. Je suis ensuite monté dans mon Istanbul – Belgrade, 23 heures, et dans mon compartiment, ou très vite je me suis retrouvé en compagnie d’un néo-zélandais (Peter), d’un Australien (?), d’un Croate (?), d’un Irlandais (Aidan) et d’un Turc (Tahla). La discussion s’est vite engagée, plein de choses à se raconter, à partager, tant et si bien que le trajet jusqu’à Kapipule (frontière turco-bulgare, cf trajet aller) s’est fait assez vite, d’autant plus qu’on a aussi fait la connaissance de Maya, jolie serbe extrêmement loquace et amusante.

La nuit se passe franchement bien, même si l’inquiétude du retard est grande, surtout pour Tahla Aidan et moi-même : on doit tous les trois prendre le train à Belgrade de 22h, sachant que notre train d’Istanbul est supposé arrivé à 20h5. A la frontière bulgare, on a une heure de retard… on s’endort tous comme des masses, et Tahla mis à part, on se réveille tous les 5 dans le compartiment à 12h, pile pour que notre ami australien, qui devait sortir à Sofia, puisse s’échapper à temps du train. A Sofia, la ville fait la gueule, mais le train a rattrapé un peu de retard, on est donc en confiance. L’après midi poursuit son cours : paysages serbes puis bulgares inégaux, parfois très sympas, parfois franchements laids. Un peu pareil pour les douaniers serbes et bulgares… ;) J’en profite pour me réendormir pour la petite sieste la plus agréable possible : allongé dans un compartiment de train, l’air et le soleil frappant les oreilles. Je me réveille en fin d’après midi pour me reprendre une petite claque avec un nouveau coucher de soleil terrible… On discute avec Aidan, avec Tahla, avec notre ami Serbe. J’avais oublié : depuis minuit, c’est l’anniversaire d’Aidan, quasi-benjamin des trainards (routards mais pour le train) du Istanbul – Belgrade. Il a 20 ans…. Jour assez magique donc, il est d’ailleurs un peu ému lorsqu’à minuit on se met tous à chanter pour lui un « happy b’day », il l’est à nouveau lorsque le grouope de 4 filles que je viens de rencontrer dans le compartiment voisin (deux allemandes, une polonaise et une serbe) viennent à l’entrée du compartiment, chantent quelque chose de tout à fait incompréhensible et lui offrent un cadeau : la chanson est en fait une sorte de joyeux anniversaire serbe, quant au cadeau……. turkish delights, bien évidemment ;)

On arrive à Belgrade à 21h30, avec seulement 40 minutes de retard et donc 30 minutes jusqu’au prochain train. Je fais le sprint de ma vie pour aller jusqu’à la BRD voisine de 500 mètres tirer des sous puis retourner à la gare afin de pouvoir remplir mes obligations : double commande de cartouche de cigarette pour les collègues parisiens (à 8€ la cartouche de cigarettes de merde, 15€ celle de cigarettes de marque, je comprends qu’on m’ait harcelé). Je monte dans le train pour Wien, complètement blindé, et je m’asseois dans un compartiment, entouré de vieux ronfleurs et d’un jeune qui a la particularité de répondre à son téléphone presque toute la nuit sur une voix monocorde qui touche au hurlement. Désagréable. Je finis tout de même par m’endormir, et me réveille à 5h du mat’ à Budapest : n’ayant plus trop d’argent, j’ai laissé les couchettes à Tahla et Aida, j’accompagne pour ma part les filles dans les compartiments et dois donc changer de wagon dans la capitale hongroise… ce qui me permet d’assister à une aurore assez magique… Le train de Buda jusqu’à Wien se fait en compagnie de la seule Joséfine (l’une des deux allemandes du groupe de 4, les 3 autres étant parties)… en fait on dort. A Wien, on retrouve Tahla, Aidan, petit déj agréable, on prend nos billets pour Frankfurt, et je tombe nez à nez avec deux allemandes qu’on avait draguées en compagnie de Stan et Jérem lorsque l’on était à l’Orient Hostel à Sultanhamet… assez amusant… Gêné comme une merde, je sais pas trop quoi leur dire et je m’éclipe à vrai dire assez vite.

Le Wien – Frankfurt est somme toute ennuyant, même s’il est ponctué de longues discussions sur tout et rien avec Tahla et Joséfine (Aidan est parti vers Prague). On parle de nationalisme, de football, des problèmes d’indépendantismes, de nos vies respectives, etc…. vraiment intéressant. Tahla, un garçon d’une gentillesse extrême, est une sorte de supporter fanatique de Besiktas, et a pour pire hantise que l’équipe nationale de Turquie perde contre celle d’Arménie… Il me soutient que l’AKP est un parti globalement bien… et à côté de tout ça.. c’est évidemment une crême, qui vit à Amsterdam, qui semble mener une existence assez libérale (même s’il fait le ramadan), en tant que guide pour touristes turcs dans l’Europe de l’Ouest… Déroutant, à l’image des contradictions qui semblent faire le sel de l’identité de la Turquie et d’Istanbul…

Je les quitte à Frankfurt, et me pose dans le Frankfurt – Paris, franchement chiant, si ce n’est que je profite des musiques offertes par l’ICE (TGV allemand) pour me faire une petite session reggae et donc une sieste. Arrivé à 23h tout pile à Paris, je ne retrouve pas Rody & Pascal qui sont quelque peu fatigués, et rentre donc chez moi, ou je déballe en une heure un mois de souvenirs : avalanches de papiers, qu’il me faudra trier dès demain… Un peu triste, mais que de bons souvenirs. Et puis un petit thé, une douche, tout repart. Et puis Ben m’appelle pendant 30 minutes pour qu’on se raconte un peu ce mois d’août.

Voici, pour la fin du voyage, dans les faits. Il manque une conclusion générale, qui sera à apporter dans les prochains jours… et bien sûr les photos, toutes saines et sauves. Sherefe.

Dernier jour…

30 août 2008

J’ai pas trop eu le temps de raconter ma semaine et ce matin ca ne va pas deroger du tout a la regle. Je suis dans un autre hotel a Pera, du cote de Beyoglu, parce que je devais retrouver les filles qui habitent sur l’autre rive.

En fait, la semaine s’est passee entre visites (Grand Bazar, pas mal, Aya Sofya, l’une des visites les plus marquantes du voyage, musee de l’Architecture, pas mal non plus, Taksim =\ Galata (istiklal en fait), la grande et immense rue commercante celebrant l’independance (mais pas l’independance au capitalisme ^^), iles du Prince) ; sorties (« boite hier soir avec Leslie Jeannoton et leurs copines », parties de backgammon, de dames, de Uno, et meme d’echecs (NSDAP versus PC!) avec Stan, Jeremie et Laura) ; immense soiree au match Besiktas – Siroki Brijeg (comptant pour le dernier tour de l’Intertoto) : une ambiance hallucinante, pour un match avec un enjeu relatif (quoiqu’existant).

Je n’ai vraiment pas de temps, c’est dommage.. peut-etre dans la journee sera t-il possible de reecrire l’article. Tout ca pour dire que cette ville est juste hallucinante, completement troublante, je me repete mais j’en suis presque choque a l’heure de partir de par la claque de tous les sentiments procures lors des visites de cette fourmilliere geante.

Je prends ce soir le train pour 49 heures, 53 minutes, si tout se deroule comme il faut (et je l’espere) jusqu’a Paris. Si le moindre train est en retard, grosse galere : mon billet interrail se finissant lundi soir, je risquerai de devoir payer le train a partir de… Vienne, ou au pire Francfort : ca va raquer…

A tres vite…

Istanbul, un leger portrait

27 août 2008

J’aime bien cet exercice : faire un portrait d’une ville que je ne connais que depuis 3 jours, dont en fait je ne connais probablement rien et qui en meme temps donne tant de choses qu’on a l’impression d’en avoir vu des millions de choses. Ce sera donc un portrait qui se baladera sur une sorte de pont de Mostar, entre les rives du vrai et du faux…

Istanbul est une ville de 17 millions d’habitants. Je pense que c’est une des premieres choses a dire. Pour un monthyonnais, meldois ou meme parisien, c’est tres impressionant : la ville grouille litteralement, de l’activite de toutes ses fourmis ouvrieres, baladeuses, commercantes. La ville est en activite permanente, que ce soit sur Divan Coyul (orthographe evidemment inexacte), Istiklal, du cote du marche aux epices, et ce alors que je n’ai pas ete au grand bazar. Il y a des gens partout, se baladant a pied, en voiture, avec des chariots tires, des paquetages, certaines femmes voilees d’un tchador cotoyant d’autres en mini jupe decollete. Il semblerait que tous les stambouliotes soient plus ou moins commercants… des vendeurs de paquets de mouchoirs, aux cireurs de chaussures en passant par les vendeurs de miroirs et ceux de stylo habilles en costume cravate, tout se vend, tout s’achete, beaucoup de choses se negocient et les sourires sont radieux. La population stambouliote semble accueillante, il y a une veritable hospitalite, une volonte de satisfaire l’hote qui depasse de beaucoup ce que l’on pourrait a peine imaginer dans nos contrees temperees. La petite phrase qui fait plaisir est peut-etre parfois forcee, n’empeche qu’elle existe.

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(un vitrail de l’Aya Sofya, la Mosquee Bleue par la fenetre de l’Aya Sofya, des Derviches)

Carrefour des cultures, Istanbul est un carrefour geographique. Le centre de la ville historique est situe sur la « Corne d’Or », au bout du bout de l’ »Europe », le coeur economique est peut-etre du cote de Beyoglu, toujours en « Europe ». La population s’etend partout, rive europeenne, asiatique, sur les iles.

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(vues d’Istanbul journee – crepuscule) 

Cette ville possede un poids historique qui fait parfois sentir des villes comme Paris ridicule. Dans le musee d’architecture, il y a des pieces pour chaque mini quartier (comprenez chaque station de metro) et a chaque fois avalanche de vestiges de toutes les epoques. Le son des muezzins qui envoute, la danse des derviches-tourneurs, tout aussi envoutante et merveilleuse, sur fond de musique soufie, nous transportent aux confins de l’Orient reve, que l’on imagine.

On se reveille avec le soleil qui se leve derriere la peninsule asiatique, on l’admire se coucher, on s’y soumet alors que, voguant sur un bateau sur le Bosphore, on le voit s’endormir derriere la Mosquee Bleue et la tour Galata.

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(la mosquee bleue et la tour galata au crepuscule)

Et pendant que j’ecris ceci, le muezzin fait entendre sa priere puissante, et sur la terrasse de l’hotel est diffuse « Cheek to Cheek » de Louis Armstrong… Je suis possede.

 

Istanbul – Part 1

27 août 2008

C’est dur de se poser ne serait-ce que 10 minutes pour ecrire ce blog sachant l’agitation et le rythme des journees dans la ville turque.

Arrive avant hier midi, j’ai fonce a l’hotel poser mes affaires puis je suis aussitot parti en ville : visite de la Mosquee Bleue, de la Citerne basilique. J’ai ensuite remonte la grande artere romaine de la ville, je suis passe devant l’universite d’istanbul et j’ai ete jusqu’a la mosquee souleymane. au passage, j’en ai profite pour m’attaquer avec plaisir a la gastronomie turque, et notamment a l’ayran, sore de boisson au yaourt / yaourt delicieux que je consomme en quantite.. Il fait tres chaud en journee, j’essaie de m’hydrater mais bon la chaleur est pesante. En fin d’apres-midi, je rentre a l’hotel, profite du the gratuit et me pose un peu pour voir si les contacts que j’ai essaye d’obtenir dans la ville sont dispo.

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(mosquee bleue, interieur de la mosquee bleue, mosquee bleue, citerne basilique) 

Je rentre en contact avec Nesrin, une amie de Leslie, et la rejoint (avec aussi d’autres de ses ami(e)s) le soir a l’autre bout de la ville, moyennant une grosse balade en tram et a pied (40min pour la marche). on dine dans unpetit resto sympa, je teste l’iskander, un plat fantastique fait de pain sur lequel se trouve des tranches fines d’agneau et au dessus de la sauce tomate, avec un peu de creme fraiche a cote. Simple a priori mais extremement bon. La soiree est vraiment agreable, on se pose ensuite dans un bar et je tente ma premiere Efes qui est pas mauvaise du tout. Vers 22h30, ne sachant pas trop quoi tenter avec les transports turcs, je decide de rentrer, moyennant 40 nouvelles minutes de marches (ortokoy vers kabatas) puis le tram. arrive a mon hotel, je me pose deux minutes et recois un message de stan qui me dit de venir les rejoindre a leur hotel… qui est en fait dans la rue en dessous de la mienne. poses sur la terrasse avec lui, son ami Jeremie et une fille qu’ils ont rencontre, Laura (une australienne), je m’initie enfin au Backgammon (l’un des jeu nationaux turques, qu’on appelle ici la tabla), puis on continue sur des parties de dames jusqu’a deux heures du matin pendant que la sono crache des musiques turques terribles et quelques classiques des 90s (wonderwall, bitter sweet symphony, etc… un peu le mythe). le personnel de leur hotel est infiniment sympa, ils nous offrent des sandwiches faits de restes de la journee non utilises, on a donc une sorte de sandwich avec quelque chose qui ressemble a de la ratatouille.

J’oubliais : les hotels de Sultanhamet ont tous une terrasse avec une vue hallucinante, sur le bosphore. Tout ceci s’effectue donc avec en toile de fond la nuit stambouliote… Voila pour la premiere journee, pas le temps d’ecrire la deuxieme parce qu’aujourd’hui on prend le ferry pour aller sur les iles prendre un peu le soleil.

PRecision : a cause de la poussiere du train, de l’air conditionne de tare qui est mis dans l’hotel et dans certains etablissements et de la chaleur qui regne ailleurs, je suis en train de me taper un bien bon rhume.

Autre precision : ce soir je vais voir un spectacle de derviches-tourneurs !!!!!, demain soir je vais voir un match du Besiktas !!!, je vais essayer de pouvoir repartir samedi soir au lieu de vendredi soir ;)

Railway to Istanbul

25 août 2008

Pour mon dernier voyage « aller », le programme etait Bucarest – Istanbul. Suivant mes propres consignes a la lettre, j’ai joue la methode habituelle : arrivee 15 minutes avant dans la gare, saut dans le train et advienne que pourra……….. Mal m’en a pris. Je pense (et j’espere) que ce train restera la pire experience du voyage (en meme temps, et vous vous en doutez, c’avait quelque chose de genial).

J’arrive sur le quai, je commence a vouloir monter dans le train couchette mais je me fais refouler parce que je n’ai pas de reservation, que c’est « full » et que de toute facon je n’ai pas d’argent… je prend le wagon sans reservation qui a pour destination Dimitrovgrad… probleme, sur la carte interrail, il y en a deux : un en Serbie, l’autre pas loin de la frontiere entre la Bulgarie et la Turquie… je me demande donc, j’envoie un message au frerot pour lui demander de l’aide, il me confirme que le Dimitrovgrad en question est bien celui qu’il me faut, c’est a dire en Bulgarie… Toutefois, probleme : la controleuse de billets et une passagere sont formelles : dimitrovgrad est en serbie… il faut donc que je change… je traverse donc tout le train, un peu inquiet, et me rend dans le fameux wagon couchette.. la le controleur qui m’avait vire tout a l’heure m’explique tres sympathiquement que je peux rester, qu’il y a en fait de la place… mais me demande de payer 25 euro la couchete… probleme, je n’ai sur moi que 13 lei soit environ 4 euro. il me dit alors qu’il n y a pas de probleme, et qu’au prochain gros arret, je devrais sortir en courant pour trouver un bankomat et le payer… il parie sur dimitrovgrad, justement, vers 23heures30. je me pose dans un compartiment, commence a somnoler, rejoint par un americain extremement sympa (avec qui on va discuter tout le reste du voyage), Brandon, et on somnole tranquillement chacun sur notre banquette. passage en bulgarie, douanes, le tralala habituelle, puis arrive dans un village obscur, le controleur vient me voir en me disant \ »20 minutes d’arret, tu dois trouver de quoi me payer ».

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(la frontiere bulgare, petit apercu de la vue a l’arriere du train, et Brandon !)

Je sors en courant, parcourt les deux tiers de la ville en passant parmi les ruines de ce qui devait etre de toute facon une ville moche, puis je reviens le voir en lui disant que j’ai rien trouve.. il m’explique que c’est pas grave et que ce sera pour dimitrovgrad, revient me voir 5 minutes apres et m’embarque pour un putain de Bankomat que j’avait pas repere dans la gare.. je tire de la monnaie bulgare, le paie, et pour feter ca, il m’offre une biere chez l’epicier local… Hallucinant.

Le voyage se poursuit, je me pose dans ma couchette vers 21h, completement claque par la nuit precedente, je commence a m’endormir, entoure de 3 vieilles roumaines qui passent leur temps a discuter (et notamment l’une qui sait dire comment ca va en francais et qui n’arrete pas de me le repeter, environ 200 sourires forces en trois heures), puis je m’endors. le train s’arrete a dimitrovgrad, il fait 100 degres dans le compartiment, j’ouvre la fenetre et la c’est une brise froide qui vient me taper dessus.. au final, le train reste 3 heures et demi en gare de Dimitrovgrad (!!!!), attendant probablement celui en provenance de Sofia, et puis repart… on s’arrete dans la nuit a la frontiere belgaro-turque.. et la nouveau GROS coup de stress, et je pese mes mots : tout le monde me dit qu’il me faut un visa qui coute 10euro pour rentrer en turquie. Probleme, je n’ai evidemment plus un dinar, plus un lei, plus un euro, plus une couronne tcheque bref plus rien. Je me dis que c’est pas grave, qu’il y aura une sorte de Bankomat la bas, sauf que quand je descends, il n’y a rien… les douaniers sont formels. je leur demande alors quoi faire, les deux haussent les epaules sans trop savoir… je m’imagine deja rester sur le quai de la frontiere pour 10 malheureux euros… finalement, le douanier regarde mon passeport francais, rigole et dit « no visa for you ». je passe donc au controle de passeports un peu stresse, on tampone mon passeport et roule ma poule, je peux remonter dans le train…….

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(un tres bon conseil dans les toilettes et puis le coucher de soleil Bulgare) 

Je me rendors, puis reveil vers 8h30… je retrouve Brandon avec qui on reprend la discussion en observant la Turquie, aride, jaune secheresse, poussiereuse… je continue tranquillement mon enrhumage qui semble s’affirmer plus encore avec toute la poussiere et le vent. le train est ultra en retard, on arrive a 11h30 au lieu de 8h30, apres trois heures difficiles… Je sors, quitte Brandon, fais ma reservation pour le retour (apres 23 heures de train d’un coup, j’ai hate de faire les 50 heures…) et m’enfonce dans la ville pour trouver l’hotel…

La suite, les photos, l’ambiance generale (ca envoie !!!) pour le prochain episode..

Road to Istanbul

24 août 2008

Derniere journee et soiree hier a Bucarest. Dans la journee, on a ete au musee national d’art roumain de Bucarest, super bon musee, je passe sur les collections medievales un peu fastidieuses (comme partout, pour moi), l’interet etait dans les collections modernes / contemporaines avec notament grigorescu (mariei nacu), petrascu et surtout les 3 tableaux de Brauner, l’un des maitres du surrealisme (notamment Passivite courtoise, troublant, beau poetique…. Le passage dans la galerie europeenne etait un peu plus ennuyeux, la collection du musee est quasi famelique : deux petit Monet, deux pseudo Rembrandt, un ou deux Rubens… le seul avantage etait de voir quelques tres beaux Rodin :)

On va ensuite manger une pizza, on rentre, on se repose un peu, le soir on repart a la Galerie (bar sympa pres d’Universitate), et on est rejoints au fil de la soiree par une vingtaine de potes +/- proches d’Andrei… On part ensuite pour la boite le B52, elle a l’air pleine, on tente l’Expirate mais elle aussi du coup on retourne au B52. Sur le chemin on fait la connaissance de francais.. On debarque en masse au B52. La musique est putain de bien (pas trouve mieux), le genre de musique qui donne enfin envie d’aller en boite.. On danse une bonne partie de la nuit, Andrei qui enchaine les bieres (10? 15?) finit la soiree completement mort… Bref une soiree vraiment nickel.

Il est 11h, et je prends le train dans 1h15 pour Istanbul, pont du Bosphore, but tant attendu du voyage. Celui-ci ne se sera ps deroule comme prevu, mais qu’importe, j’y arrive, et c’est la le plus importan. Depuis quelques jours, les personnes que je rencontre, avec qui je parle, enchainent les eloges a propos de la ville turque.. J’ai donc extremement hate d’y etre. Je me tape un voyage de 20h en train, je serai a ce qu’il parait reveille a 4h du mat et sorti du train pour qu’ils puissent verifier nos passeports et y apposer un visa.. Anyway..On se retrouve dans quelques jours… :)

Brasov, Bucarest

23 août 2008

Peu de news mais ca bouge beaucoup trop a Bucarest pour que j’ai le temps d’ecrire!

Le deuxieme jour a Brasov etait limite meilleur que le premier. On a en fait ete visiter le chateau de Bran (couramment appele a tort le chateau de Dracula), sorte de pont levis de la transylvanie, au sommet d’une petite colline et faisant la transition entre deux vallees. Petit chateau mignon, « frais » comme dira Miru, tres agreable..

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(le chateau de Brann, Miru dans un escalier, ce que j’ai le midi (Bulz : polenta + fromage en gratin))

Apres la visite, on se balade dans le village, on sort des coins touristiques et on va e se poser une petite heure dans la maison de campagne de Miru. Bran est a 30 minutes de Brasov mais les recoins du village ressemblent a des petits paradis : jardins immenses, vue sur la montagne, calme, verdure… Miru me dit qu’elle s’emmerde la bas au bout de 3 jours, dans un sens c’est comprehensible meme si ca donne envie d’avoir la possibilite de s’emmerder sur place ;)

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(le jardin de la maison de Miru, la vue des montagnes, entre les arbres)
Alors qu’a l’aller, on avait un bus pourri, au retour on se tape une sorte de mini van avec musique traditionnelle roumaine, assez funky (non il n’y a pas Ozone), tout en mangeant une specialite dont j’ai oublie le nom (mais en gros la meme patisserie qu’on a mange a Prague mais en plus gros et aux noix, achetee au risque de rater le bus..). On rentre chez Miru en taxi Dacia tune (volant, levier de vitesse alu, autocollant scuderia, systeme sonore dans le coffre..) et on va faire quelques courses au magasin : repas gastronomique pour le soir avec fromage familial (ca ressemble a du bouldouf au niveau du gout (:D) mais ca a une texture a mi chemin entre du st nectaire et du parmesan, c’est fait dans de l’ecorce de pin). En plus de ca, saucisson, bon pain, autres fromaes, et toujours les pistaches bien sur… Delicieux.

Le soir, on va dans un bar un peu bobo de la ville et on s’eclate une carafe de (excellent) vin roumain… J’aime decidement beaucoup trop Brasov!

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Le lendemain, reveil encore un peu difficile. on monte sur la colline surplombant Brasov en telepherique et on profite de la vue, Miru s’inquiete un peu de la presence (reelle mais invisible) des ours dans le coin (ils ont mange un clochard il y a quelques jours dans le foret), on enchaine les photos betes et on redescend dans la ville, a la visite de l’eglise noire et des quelques tours… on doit finalement retourner a l’appart en vitesse et je prends le train (apres une derniere balade en taxi Dacia, auxquels on s’attache!). Triste de quitter cette petite ville de carte postale et Miru bien sur.

Le train realise enfin ma hantise principale que j’avais avant de partir : la colo de vacances. Je me trouve dans un groupe de gamins braillards insupportables et les fenetres s’ouvrent pas… Je creve de chaud, les gamins arretent pas de bouger, je suis a deux doigts de faire un genocide mais je resiste.

Arrive a Buca, Andrei me recupere, je pose mes affaires chez Daniel, et on va dans un bar, a une manifestation de soutien au directeur de l’institut culturel de roumanie a NY, qui est accuse a tort de « deviance » etc… Histoire assez compliquee je passe les details, c’est surtout l’occasion pour moi de rencontrer les nombreux amis d’Andrei, tres sympas, de re-tester la Silva brune et de voir un petit truc de theatre assez anodin (et en roumain) et d’entendre un air communiste (parodie, evidemment, mais l’air est sympa)… on va ensuite en boite, et la fatigue + l’alcool + le pas manger font que je m’effondre assez vite.. il est temps de rentrer dormir.

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(les toilettes du bar, Oana et Karine en train de danser)
Le lendemain (=hier), on part avec Andrei a la visite de Buca. Il me montre notament l’immense maison du peuple (deuxieme plus grand batiment au monde), et l’architecture de Caucescu, qui repousse toutes les limites de ce que j’ai vu jusqu’ici : blocs de beton a perte de vue, megalomanie hallucinante d’immenses allees voulant depasser la splendeur des champs elysees, fontaines sublimement atroces qui ont vu la mort de nombreux ouvriers les construisant, j’en passe et des meilleures : on ne peut acceder a l’interieur de la maison du peuple parce qu’une course automobile geante en fait le tour ce week-end.

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(la maison du peuple, 86m de haut)
On va voir le musee national dans lequel on voit la colonne de Trajan, celebre edifice de l’epoque romaine, et le tresor national, dans une salle blindee assez impressionante.

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(la colonne de Trajan, avec mon gros doigt parce que photos interdites_)

On va manger dans un resto qui a un siecle et demi, dans un cadre tres « Belle Epoque », j’en profite pour me restaurer et me requinquer avec une soupe puis une salade, et on ressort, en meilleure forme.

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(le resto!!)

On reprend grosse balade et on va a ce qui me parait etre a l’autre bout de la ville, vers le musee des villages roumains : il rassemble les maisons typiques de diverses regions de la roumanie, l’occasion de voir l’habitat traditionnel paysan et les differences de cultures dan un pays aux populations et aux cultures finalement assez disparates.

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(une maison typique de moldavie roumaine)
On rentre et on ressort pas longtemps apres, Andrei me montre encore des batiments (fac d’art, theatre national, etc..) puis on tente d’aller boire quelques bieres a « La Galerie » bar aussi sympa que l’est sa jolie serveuse.. finalement, le bar est plein, on bouge alors et on va au theatre national, on enchaine une serie d’escaliers pour arriver sur le toit sur lequel se trouve un immense bar en plein air, avec plein d’objets d’arts tout aussi conceptuels que fantastiques… Je passe les peripeties minimes de fin de soiree, pour donner un petit portrait de Bucarest.

Cette ville me plait bien plus que ce que j’imaginais. C’est exactement l’image que j’avais de Budapest que j’y retrouve : une ville ultra bordelique, mais un bordel joyeux, une ville qui sort du communisme, d’annees difficiles, dans une sorte d’equilibre-desequilibre precaire hallucinant, qui semble ideale pour les jeunes, pour faire la fete. On y marche des heures, on se perd dans les immenses allees betonnees, on prend parfois peur des hurlements des chiens errants mais un charme irresistible se degage de l’endroit. Cette ville doit d’ailleurs aussi un peu ressembler a Berlin.

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(« la ville nous appartient »)

On est samedi midi, je reste un jour de plus a Buca pour profiter de la  grosse soiree de ce soir (la plupart des amis d’Andrei s’etant trop charges le premier soir ne sont pas sortis hier), puis je pars demain midi a Istanbul… Voila!!!

Romania, Brasov

19 août 2008

Souvent l’on dit qu’il faut tout changer pour passer a autre chose. Tout, je sais pas, mais aller en Roumanie, pays surprenant, ou l’on retrouve -enfin- une langue latine (et donc a peu pres comprehensible, du moins a l’ecrit), peut suffir a son bonheur.

J’ai pris le train de nuit hier de Belgrade vers Bucarest. Depart 15h55, arrivee 5h30 (heure roumaine, +1 heure par rapport a Paris). A la gare de Belgrade, je rencontre une jeune roumaine qui me dit que ce train est tres mal frequente, bien dangereux etc.. En quelques minutes, elle parvient a me faire flipper et a me decider : il reste des sous en banques et vu que je suis desormais seul, je me paie un petit luxe : une couchette (2eme classe, faut pas deconner). Je m’installe dans le train, je suis seul dans le compartiment, et d’ailleurs vais le rester toute la nuit. En contrepartie de l’ennui, je gagne de la tranquillite, du temps pour moi, pour soigner les petits bobos pedestres, pour lire (fini Khayelitsha, putain de bouquin que j’espere lire un jour en francais) et pour admirer.

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Jusqu’a la frontiere roumaine, j’alterne lectures et dodo… faut dire que le plat pays serbe est tellement ennuyant que les cotes briardes ont l’air de l’everest a cote… A la frontiere roumaine, j’ouvre un peu les yeux, je les passe par la fenetre, et le spectacle commence. Le soleil se couche a l’ouest sur les champs de mais infinis de roumanie, et j’assiste a l’un des plus beaux couchers de soleil de ma vie…

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Avalanche de couleurs differentes, de reflets, de tons, de nuances. C’est sublime, vraiment. Vers 20 heures, je bascule a l’heure roumaine, et je prends mon petit sandwich.. Une heure plus tard, vu l’ennui devenant ferme, je m’installe dans mon lit et commence a somnoler tranquillement.. Un peu du mal a s’endormir mais finalement la nuit passe vite : la fenetre est a demi ouverte, j’ai volontairement laisse les rideaux dans leur coin pour admirer la nuit roumaine et le ciel etoile.

A 5h30, le chef de rame serbe me reveille, me rend mon pass et je sors dans Bucarest a la recherche d’une BRD (societe generale locale) puis me pose en vitesse au macdo de la gare pour le petit dej salvateur. A 6h30, je vais pour prendre le train vers Brasov, et la… grosse surprise. La Roumanie n’est pas le tiers monde mais vu les trains auxquels je me suis habitue, je m’attends a un enieme train +/- pourri, le genre de trains un peu obscur, marron, dans lequel on se sent… bien :) Au lieu de ca, je tombe sur un train ultra moderne, quasi neuf, avec une clim a ce point remontee que je me demande si je vais pas attraper froid… J’ai l’air un peu pouilleux dans ce decor luxuriant ! Je me pose pour finir les dernieres pages de Khayelitsha puis je m’apprete a m’endormir lorsque je tourne la tete (decidement une bonne idee de regarder a la fenetre) : lever de soleil en roumanie. A nouveau, c’est sublime : il y a un leger brouillard qui se leve sur la plaine roumaine et on voit au fond le soleil orange qui tente de percer la nuit : les tons sont pastels, en contre jour, c’est assez fantastique. On passe ensuite dans des sortes de forets, puis la deuxieme claque : brouillard fini, et on longe des montagnes escarpees que les coniferes tentent d’escalader…

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(petit apercu du trajet du matin)

on serpente entre les villages roumains, on se croirait en Autriche parfois tant les maisons ont l’air germaniques, gothiques… Alors que je tape deux trois mots a une roumaine en face de moi, le brouillard se releve et j’atteins Brasov.

Je sors du train, le sourire deja aux levres a l’idee de me dire qu’a 3000 (estimation hasardeuse) bornes de chez moi, je vais retrouver une amie de Paris 1 : Miruna. Bon en fait elle est a la sortie de la gare, mais la retrouver c’est un peu le bonheur!! Elle m’amene chez ses parents, m’installe dans leur chambre (pour ma venue, ils vont dormir chez une tante… ca c’est quand meme pire que sympa, limite genant !!), je prends une douche, tout va bien, le soleil refait surface sur Brasov, on part a la decouverte de la ville.

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(maison, rue principale de Brasov, porte d’entree historique de la ville)

J’en ai marre des superlatifs mais a nouveau, comme on dit en Brie, ca envoie du phat : c’est beau. Miruna m’explique que pendant longte;wps la ville a ete sous influence austro hongroise, l’architecture s’en ressent. Il y a tellement de petites pepites dans la ville : eglises orthodoxes, catholiques, lettres en haut de la montagne (brasov est au milieu de collines) qui indique le nom de la ville, comme a Hollywood, place centrale et rue principale qui envoient, bref terrible. Le midi, on mange dans un bon resto avec son ami Bogdan, qui passe l’aprem avec nous. Pour moi, c’est la soupe de veau avec un peu de creme fraiche.. et une Ursus black (car il faut toujours tester la biere locale). Delicieux.

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(L’hotel de ville ; une rue tres etroite ; Miruna qui essaie les lunettes et qui rigole quand je lui dis que Pascal va adorer la voir comme ca)

L’apres-midi on va decouvrir la station de ski en haut de Brasov, on a une vue sur la ville, puis on retourne en ville se poser boire un bon cafe puis apres gouter pour moi un bon gateau roumain typique (sivirana!).

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(apercu general de la ville historique, lettres brasov dans la montagne)

Pour ce soir, je sais po, mais ca s’annonce nickel !

Beograd

18 août 2008

Il y a des choses sympa dans un voyage et d’autre moins. A l’occasion d’un dejeuner a priori anodin, Baudoin m’annonce que le voyage le gonfle plus ou moins. Il a donc decide de rentrer en France. Il est vrai que sur certains points, les attentes du voyages sont pas toutes remplies (toutes les villes n’etaient pas si geniales que ca, on rencontre plus ou moins le meme genre de personnes), mais on le prend differemment.

Bref, demain apres midi je quitte Belgrade, et Baudoin aussi. Mon chemin s’oriente vers la Roumanie et Brasov (esperons, si Miruna repond!), quand a Baudoin, il prend le train de retour vers Paris. Vous avez donc compris, je continue seul.

Parlons de Belgrade, puisqu’on y est. C’est une ville tres etrange. Depuis qu’on est dans les Balkans, on sentait dans Ljubljana, Sarajev et Zagreb qu’on avait pour les deux premieres des villes moyennes de province et pour la derniere une grosse ville de province. Belgrade est une metropole, au meme rang que Vienne ou Prague. Grande ville, grandes arteres commerciales, lac avec plage artificielle, musees partout, chateau sur promontoire, bref ca jette pas mal. On sent que c’est la ville du coin qui s’est le mieux sortie de l’epoque communiste. Toutefois, il y a des choses etranges : des chiens errants un peu partout, des stigmates saillantes des bombardements de 99 (ces deux batiments detruits sur Nemajina), ces drapeaux partout… les serbes sont ultranationalistes et ca se voit… ou en tout cas le gouvernement.

Reste que cette ville a certains attraits… le Pastis Bistro, decouvert au hasard d’une balade, qui sert du Pernod, qui passe que de la musique francaise (Dalida, Gainsbourg, Brel, Aznav, Delerm, Mike Brandt, etc!!!!), une statue en plein milieu de la ville dediee a la France, des filles tres jolies, la plage de Zagreb (dont nous avaient parle les serbes dans le train) tres agreable, de la nourriture pas mal, une AJ jusqu’ici inegalee sur le trajet…

Tout ceci etant dit, c’est un peu en tristesse que je quitterai la ville demain seul… Je vous tiendrai au courant pour la suite du trip.. a Brasov, Varna, ou Bucarest, en fonction…

ps : connexion trop lente en serbie pour uploader les photos ca me gonfle